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Communiqué de la Chambre Nationale des Ostéopathes du 10 décembre 2006

OSTEOPATHIE ACTUALITES : La profession ne sera pas gelée par les décrets d’application.

L’actualité ostéopathique est riche en évènements avec des prises de positions contrastées. Les manifestations qui se sont déroulées dans toute la France ont démontré l’inquiétude légitime des étudiants qui craignent que leurs études en ostéopathie soient amputées de matières essentielles pour un exercice professionnel de haut niveau de sécurité et de responsabilité. Il faut attendre la parution des décrets pour pouvoir juger sur pièces.

Quoi qu’il en soit, les positions du ministère ont toujours semblé cohérentes : études concentrées d’exercice professionnel de type L.M.D. avec une base incontournable qui va conférer le droit à exercice, n’empêchant pas ceux qui veulent aller plus loin de continuer à parfaire leurs connaissances et leur compétence dans des enseignements à créer. Il ne faut pas confondre des études d’exercice professionnel avec des études universitaires théoriques, menant éventuellement vers la Recherche dans le cadre de l’Université.

Les Représentants de la Chambre suivent la situation au jour le jour, continuant leur travail de négociation et de proposition. Ainsi, la Chambre a fourni, dans ce but, des contributions complémentaires au ministère de la Santé, afin de moduler le cadre des interdits absolus (gynécologie, traitement des déformations du crâne des nouveaux-nés).

Tout ceci s’inscrit dans le cadre d’une équipe pluridisciplinaire dont la complémentarité assurera à la fois la sécurité des patients, un cadre juridique (RCP droits des malades et défense juridique) et un service de santé publique plus performant. Les soins ostéopathiques sont en effet irremplaçables dans certaines pathologies bien répertoriées et appliqués après mise en œuvre des précautions d’usage habituelles (concertation médecin/ostéopathe avant tout soin, décharge signée...).

Dans un premier temps, il est nécessaire de garder son calme, de rassurer les étudiants en ostéopathie, de dédramatiser le débat et de prendre le recul nécessaire notamment en matière d’intérêt d’écoles (qui devront désormais respecter des critères rigoureux, critères, qui, forcément, laisseront des écoles sur le chemin).

La Chambre aura à gérer trois situations :

- Le passé : il faut préparer l'intégration d'une population d'ostéopathes qui a une formation plus ou moins qualifiée en ostéopathie. En intégrant ces professionnels de santé (clause du grand-père), le gouvernement doit respecter le principe de précaution car il engage sa responsabilité aux litiges qui surviendraient à propos des actes de soins dispensés par ces nouveaux professionnels vis-à-vis de leur patientelle.

- Le présent : avec des étudiants en ostéopathie trop nombreux qui ont vu leur chiffre exploser depuis l’introduction au J.O. de la loi Droit des malades, les écoles se multipliant et acceptant des promotions de plus en plus importantes. Si nombre de ces étudiants ont droit légitime de pourvoir s’installer, d’autres n’auront pas le niveau et devront parfaire leurs connaissances.

- Le futur : l’organisation et la structuration de la profession d'ostéopathe doit reposer sur trois piliers :

- une formation initiale de haut niveau de compétence et de responsabilité, une déontologie,

- une dimension sociale (assurances, prévoyance, retraite...) à laquelle la Chambre est particulièrement attentive afin de garantir la sécurité de ses membres mais aussi accueillir les étudiants ostéopathes en fin d’études, en leur apportant le soutien nécessaire pour leur entrée dans la profession,

- une formation continue indispensable pour faire évoluer le professionnel et adapter ses connaissances à l’actualité scientifique et aux autres disciplines de santé.

C'est au niveau de ces trois volets que la Chambre Nationale intervient en tant qu'unité professionnelle libre, indépendante, rassemblant uniquement des professionnels ostéopathes et construisant l’avenir de la profession.

Rappelons notre mission fondatrice inscrite dans nos statuts :
- Nous voulons une profession indépendante et autonome, non soumise à prescription. Nous l’avons obtenue.
- Nous voulons une formation de haut niveau pour les ostéopathes.
- C’est pourquoi nous défendons le cursus de type L.M.D., que ce soit en formation initiale ou avec pré-requis. Ceci, surtout pour permettre la Recherche en ostéopathie. Le ministère a confirmé qu’il ne fallait plus raisonner en années mais en crédits (ECT) ou en heures. Il était nécessaire de le préciser à nouveau.

Les décrets à paraître vont enfin poser les fondations de la profession ostéopathe et lui fournir un cadre juridique. Il appartiendra à la Chambre Nationale de l’étoffer.

Nous avons consacré 25 ans de notre vie pour obtenir une reconnaissance. Maintenant nous voulons nous projeter vers l’avenir et entrer dans les grandes disciplines qui constituent les fondements de la « Santé durable », partie intégrante du grand mouvement des sociétés modernes vers un développement durable et dans lequel la Chambre s’inscrit. Nous pouvons enfin tourner cette page capitale de l’histoire de l’ostéopathie française qui n’est que le coup d’envoi officiel de la construction et de l’évolution de notre profession.

Rien n’est gelé, la vie ostéopathique est mouvement ...

Responsable de la communication : Guy Roulier
Site : www.cnosteo.com