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CHAMBRE des OSTEOPATHES

"Ostéopathe" : informations erronées sur internet. Rétablissons la vérité juridique pour la sécurité et l'information objective des patients et des professionnels.

Internet constitue un merveilleux outil de communication, mais il est parfois nécessaire d'être vigilant. Ainsi, nous avons relevé un article publié par une organisation d'auxiliaires médicaux qui contient de graves contre-vérités sur la pratique et le statut des ostéopathes et qui méritait réponses et corrections.

Nous avons demandé à nos vice-présidents François THIMJO Ostéopathe DO agréé, et Fernand-Paul BERTHENET DO agréé, ancien chargé de cours en ostéopathie à l'UFR Paris 13 Léonard de Vinci, tous les deux, chargés de la Commission enseignement de la Chambre des Ostéopathes de répondre point par point pour rétablir la vérité des faits et mettre un terme à cette propagande trompeuse.

Le 8 février 2010

Fernand-Paul BERTHENET : rappelons rapidement les chiffres : 12.000 praticiens ont bénéficié du titre d'Ostéopathe. Parmi les 5000 Ostéopathes de la liste ADELI immatriculés par "00" (*) exerçant de façon démarquée et non conventionnée, 60% ont une origine paramédicale ou médicale. Les 7.000 autres sont dans une situation parfois ambiguë favorisant le mélange des genres et parfois la fraude à l'assurance maladie. Voir les articles : "que valent les diplômes d'Ostéopathes ?" et " le troisièmes décret Ostéopathe est en route"

François THIMJO : en terme de formation professionnelle des Ostéopathes, il s'avère que d'ores et déjà le nombre d'heures de formation d'un Ostéopathe DO est supérieur à celui d'un Masseur kinésithérapeute et que l'Ostéopathe est lui un praticien de première intention.

Fernand-Paul BERTHENET : j'ajoute que même si de nombreux Ostéopathes sont d'anciens Masseurs-kinésithérapeutes, très vite il est apparu que la qualité des soins en ostéopathie passait par la démarcation entre les deux activités. Le concept original qu'est l'ostéopathie - unité du corps, recherche de la lésion primaire - s'accommode mal d'une vision segmentaire et uniquement reliée à quelques techniques glanées ici ou là.

Question : Que répondez-vous à l'allégation selon laquelle il n'y a pas de définition légale de l'Ostéopathie ?

François THIMJO : l'affirmation erronée" la loi ne donne jamais la définition de l'ostéopathie" constitue un déficit flagrant et élémentaire de lecture et de compréhension du texte et de surcroît de culture juridique. En effet, bien au contraire, le législateur a parfaitement défini les contours de l'ostéopathie et va même bien au delà, puisqu'en la référant à la médecine et aux autres systèmes de soins, elle définit les limites et les indications des autres professions ipso facto !

Et mes dires sont étayés par le texte lui même :

MISSIONS ATTRIBUEES PAR LA REPUBLIQUE AUX OSTEOPATHES :

"Les praticiens justifiant d'un titre d'Ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l'exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques (...) Ils ne peuvent agir lorsqu'il existe des symptômes justifiant des examens para cliniques..."

La première partie de l'article 1 appelle quelques réflexions pas toujours extraites par les lecteurs, avertis ou non :

A. 1 :

Le champ d'action des Ostéopathes -décret de compétences- est à notre sens beaucoup plus clair qu'il n'y paraît : La mission que la république assigne de par la loi aux Ostéopathes est "de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain".

A.2 :

Il résulte de la deuxième partie de l'article 1 que, par opposition à la première, les pathologies organiques nécessitant une intervention thérapeutique médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques ne relèvent pas et ne font pas partie de l'ostéopathie. Ainsi est définie en cet article 1 ce qu'est l'ostéopathie, et ce qu'elle n'est pas. On peut donc dire que ses contours sont clairement définis par la loi.

En indiquant ce que n'est pas l'ostéopathie, la loi affirme donc de ce fait que l'ostéopathie n'est ni de la médecine, ni de la kinésithérapie, ni de la maïeutique, ni aucune forme de rééducation ou de traitement par agent physique.

"L'ostéopathie est un système de soins effectués à l'aide de manipulations musculo-squelettiques et myo-fasciales, non médical et non paramédical destiné à prévenir et à remédier aux troubles fonctionnels du corps humain".

Cette définition découle de l'article 1.

Il en résulte que les professionnels de santé, lorsqu'ils portent le titre d'ostéopathe et exercent l'ostéopathie en sus de leur profession de santé, ne peuvent en aucun cas intégrer un acte d'ostéopathie à leur traitement médical, masso-kinésithérapique, ou par agents physiques, et bien entendu effectuer une prise en charge par l'assurance maladie par l'intermédiaire de feuilles de soins, ce qui serait constitutif de fraude à l'assurance maladie et de faux et d'usage de faux. Les actes d'ostéopathie n'étant en aucun cas remboursables par l'assurance maladie et ne traitant que les troubles fonctionnels et en aucun cas les pathologies organiques prises en charge par les professions de santé.

Enfin, le professionnel de santé porteur du titre d'Ostéopathe devra exercer ses actes d'ostéopathie et les facturer dans un lieu et dans des conditions séparés de son activité de professionnel de santé afin d'éviter une confusion toujours possible. Pour être précis vis à vis de la loi, soit le professionnel de santé Ostéopathe traite un trouble organique chez un patient dans le cadre de sa profession de santé avec les moyens qui lui sont assignés, soit il traite un trouble fonctionnel au moyen de l'ostéopathie dans le cadre de la législation afférente.

Cela implique donc qu'en amont, tout Ostéopathe est habilité et compétent pour déterminer chez un patient si sa pathologie est de nature organique (auquel cas il renvoie le patient vers un médecin) ou bien fonctionnelle, auquel cas il décide de la prendre en charge.

A. 3 :

Ce dernier développement amène à une analyse de la troisième partie de l'article 1 : "ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes (...) Ils ne peuvent agir lorsqu'il existe des symptômes justifiant des examens paracliniques".

Il est donc clair que la loi considère que l'ostéopathe est compétent pour apprécier :

- si une pathologie est organique ou fonctionnelle
- s'il existe des symptômes justifiant des examens para cliniques
- Donc de poser un diagnostic positif et un diagnostic d'exclusion

Il résulte enfin de ce passage que l'Ostéopathe est habilité à pratiquer les manipulations musculo-squelettiques, notamment vertébrales, alors que le masseur-kinésithérapeute (décret de compétences 2000-77 du 27 juin 2000 article 7 c) en à l'interdiction formelle.

Pourtant, il n'est pas rare de trouver des masseurs-kinésithérapeutes pratiquant des manipulations musculo-squelettiques et vertébrales qui sont donc, de par la loi, réservées aux seuls Ostéopathes. Lorsqu'ils ne portent pas le titre d'ostéopathe, ces professionnels de santé sont en situation d'exercice illégal de l'ostéopathie(article 15 du décret 2007-435 du 27 mars 2007), de fraude à la sécurité sociale et de concurrence déloyale. Lorsqu'ils portent le titre d'ostéopathe et qu'ils pratiquent ces actes de manipulations dans le cadre de séances de masso-kinésithérapie, il ne s'agit que de fraude à l'assurance maladie et de concurrence déloyale.

Fernand-Paul BERTHENET : dans un article, il est affirmé par ailleurs : "que la prise en charge commune de l'ostéopathie et de la kinésithérapie est nécessaire et que les Ostéopathes exclusifs sont obligés de pratiquer des actes de masso-kinésithérapie en plus pour obtenir des résultats et se retrouvent donc en situation d'exercice illégal de la kiné et seront poursuivis". Cette affirmation relève d'une calomnie et d'une ignorance totale de ce qu'est la vraie ostéopathie. Les techniques ostéopathiques sont très nombreuses et ne doivent en aucun cas être confondues à des simples techniques de massage et rééducation ne reposant pas sur une vision globale du fonctionnement humain, mais simplement sectorielle. J'ajoute même, qu'avec l'expérience de mes 44 ans de pratique que la kinésithérapie est une contre-indication formelle aux traitements de médecine ostéopathique.

Par ailleurs c'est mépriser au plus haut point le travail remarquable de nos parlementaires et de s Ministères de la Santé successifs qui ont essayés, malgré le poids des lobbies, de sécuriser les soins et de les rendre plus efficients. Le mélange des genres est une source de gabegie et d'inefficacité, par contre la complémentarité et la coordination des soins est indispensable pour une qualité optimale de notre système de santé.

François THIMJO : la personne qui a écrit ces quelques lignes ne connaît rien à l'ostéopathie qui est une médecine à elle toute seule. Réduire l'ostéopathie à quelques techniques c'est comme retirer les touches noires du clavier à un pianiste. L'Ostéopathe n'utilise que ses mains et c'est le corps du patient qui lui dicte son cheminement de thérapeute. Aucun Ostéopathe n'emploie d'autres appareils que l'usage de ses mains qui lui dictent les restrictions de mobilité engendrant la perturbation et la plainte du patient. Il ne suffit pas d'apprendre quelques techniques pour être Ostéopathe, c'est un métier, une profession noble au sens propre de l'art. Pour exercer sérieusement l'ostéopathie il est nécessaire d'y être complètement immergé. Le mélange des genres donne raison cet adage : "Mille métiers, mille misères".

Quel serait l'intérêt pour un Ostéopathe qui a exercé pendant de nombreuses années dans la plus grande illégalité et qui s'est battu pour la reconnaissance de son art, d'utiliser une série d'actes qu'il ne connaît pas et dont sa pratique ne luis dicte même pas l'utilisation !!!

La Loi dans l'article 5 exprime clairement qui sont les professionnels pratiquant l'exercice illégal de l'ostéopathie. Avec les pouvoirs publics, la Chambre des Ostéopathes fera tout pour faire respecter la loi et les compétences de chacun et de chaque profession structurée. C'est dans la diversité et la complémentarité que les patients trouveront solutions à leurs demandes. Dans une équipe gagnante c'est parce que chacun ne joue pas la même partition que l'efficacité est maximum.

Fernand-Paul BERTHENET : pour conclure et sans polémiquer, il est plus urgent que le Ministère de la Santé et/ou le Parlement encadre de façon encore plus rigoureuse cette pratique, plus que centenaire qui est dévoyée, récupérée, édulcorée par ceux la même, qui hier la considérait comme une pratique charlatanesque et qui aujourd'hui tentent de se l'appropriée pour améliorer, plus leur pouvoir économique, que la qualité de leurs soins. Un exercice strictement séparé et un Diplôme d'Etat semblent les conditions sine qua non pour la création de la nouvelle profession de santé : Ostéopathe D.O.

* 00 correspond à la liste ADELI des Ostéopathes exerçant de façon totalement démarquée, sans mixage avec une autre profession médicale ou paramédicale. Ils ont effectué leurs études d'ostéopathie à plein temps après le baccalauréat ou effectué des études de haut niveau à temps partiel sur 5 ans ou plus.
Voir le diaporama gratuit téléchargeable sur le site cnosteo.com Les ostéopathes : qui sont-ils exactement ? Diaporama PowerPoint animé 2460 Ko ATT. Safari peut avoir des difficultés à ouvrir ce dossier. Servez vous d'un autre navigateur (par exemple Firefox)
Communication Chambre Nationale des Ostéopathes

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