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AU TRAVAIL !

Eh bien nous y sommes... Le 27 décembre 2006, les décrets et arrêtés sont signés et adressés au Conseil d'Etat et la Haute Autorité à la Santé. Des années de lutte, des années d'efforts, certains diront "pour en arriver là..." Non ! Pas pour en arriver là ! , Pour partir de là ! J'ai construit deux maisons dans ma vie dont une de mes mains, pendant douze ans. Je sais comment on s'y prend. Que venons-nous d'obtenir avec la publication des décrets ? Le permis de construire de notre maison, tout simplement. Croyez-vous que cela était si évident, même après la loi de 2002 ? Non ! Jusqu'au bout, nous aurions pu recevoir une annulation du permis, un refus. Alors certes, nous aurions souhaité plus de place, plus d'emprise au sol, mais les terrains adjacents étaient fort occupés et ne pas tenir compte de ses voisins lorsqu'on s'installe dans une ville, c'est une erreur, sinon une faute !

Pour bien connaître l'histoire du mouvement syndical français et de ses luttes pour décrocher des avancées sociales et catégorielles, je sais que la seule voie du succès est celle de la négociation, de la responsabilité, de l'entrisme, du dialogue, de la volonté patiente et tenace pour atteindre un but. Nous n'arriverons au troisième étage qu'en gravissant les marches une par une ! Certains ont cru pouvoir prendre un ascenseur qui n'avait jamais été relié au secteur. L'histoire dira à quel point ils se mordront les doigts. Intérêts particuliers, partisans ou financiers, ego surdimensionnés alliés à un décalage patent avec les réalités institutionnelles ont irrité au plus haut point les responsables politiques et les techniciens du ministère ; lesquels n'avaient par ailleurs pas d'autre choix que de ménager les puissants lobbies des professions installées qui sont bien plus qu'une poignée d'ostéopathes en colère, qui ne représentent qu'eux même, et encore !

Mais restons en là avec cette prétention de croire que le ministère allait tout de go accorder un doctorat à une profession putative. Pour bien connaître le milieu enseignant, cela n'a pas fini de générer des ondes de choc sur l'ensemble de la profession.

C'est à l'avenir qu'il faut maintenant nous attacher, à la construction de notre maison commune ! Le permis de construire est là, les fondations ont été posées par la Chambre depuis sa création, il nous appartient désormais de couler la dalle, monter les murs, en respectant les cotes données par l'architecte, les plans de masse et d'appliquer les règles de l'Art.

En ce qui concerne la formation, 2030 heures sont une base certes insuffisante et "a minima". Mais le fait de permettre aux médicaux, paramédicaux et indépendants de bénéficier d'une même formation harmonisée en ostéopathie est déjà en soi une révolution. Bien entendu, cette base doit rester le niveau minimum pour aller plus loin. Cette formation de base exclut les champs crâniens et viscéraux pelviens. A nous de mettre en place des formations supérieures sous forme de D.U ou Masters professionnalisant pour parvenir à développer des diplômes universitaires communs avec d'autres universités européennes. Lorsqu'un Master en Ostéopathie, puis un Doctorat en Ostéopathie seront disponibles sur le catalogue des formations universitaires de l'espace européen, les universités françaises se raccrocheront à ce format de haut niveau. La formation initiale nécessaire pour exercer ne saurait être une fin en soi mais une base de départ pour évoluer vers l'excellence. L'histoire se fera envers et contre tout ; la Chambre a pris en charge, dans sa mission, tous les aspects de la construction de notre maison, tel un ciment qui nous lie, travaillant pour l'avenir et se projetant dans cet avenir. Nous avons échappé à la main-mise du corps médical en évitant le passage obligé de la prescription, le contrôle des actes par l'établissement d'une liste d'actes autorisés. Certes, l'interdiction de certains actes pose problème ; nous réfléchissons à des modalités pratiques pour continuer à faire bénéficier nos patients de soins efficaces.

A terme, ce qui est en jeu, c'est bien la constitution d'un corps professionnel autonome, de première intention, unifié, quelle que soit l'origine des praticiens, MKDE, MD, Sage-femmes, Infirmiers ou de formation initiale (plein temps post-baccalauréat), qui pratiqueront uniquement l'ostéopathie et seront donc les éléments constitutifs de la maison ostéopathe, notre maison.

Le 27 décembre 2006, tout a changé, l'histoire de l'ostéopathie française, loin de s'arrêter, commence. Que tous ceux qui veulent contribuer à la construire rejoignent la Chambre, notre, votre maison, pour se réunir enfin sous un même toit, c'est notre moteur et notre espérance.

François THIMJO D.O., Pr. Ag. E.P.S.
Vice-président de la Chambre Nationale des Ostéopathes