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Etre pionnier : Interview de Fernand-Paul Berthenet
Vice-président de la Chambre Nationale des Ostéopathes.
retour coin des ostéopathes
P.-Y.Maignan : Fernand-Paul Berthenet, vous faites partie des pionniers de l'ostéopathie et avez beaucoup travaillé pour sa reconnaissance officielle. Pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

F.-P. B. : J'ai commencé ma carrière comme kinésithérapeute en 1965. Constatant que cette pratique ne m'apportait pas suffisamment, je me suis inscrit dans une école de médecine chinoise où j'ai côtoyé des ostéopathes. Ce qui m'a séduit dans ces disciplines, c'est la démarche globale. Après avoir terminé mon cursus d'acupuncture, je me suis donc orienté tout naturellement vers les études d'ostéopathie. En 1968 j'ai intégré l'école Européenne d'Ostéopathie de Maidstone en Grande-Bretagne. En 1972, avec quelques confrères, j'ai pris les rênes de la Société Française d'Ostéopathie et nous avons créé dans la foulée l'A.F.D.O. en 1973 et depuis je me suis battu pendant 17 ans pour la reconnaissance de l'ostéopathie. Dès 1975, le premier fait historique en France avec l'apposition de plaques professionnelles : l'ostéopathie avait enfin pignon sur rue. Nous avons ensuite entamé un travail de fond : rencontre avec des députés, les ministres de la santé successifs de M. Robert Boulin à Madame Barzach. Toutes ces démarches ont abouti en 1984, à la première commission officielle sous le ministère de Mme Dufoix à laquelle j'ai été invité comme représentant des ostéopathes avec Régis Godefroy et Marc Bozzeto pour mettre en place une réglementation. Nous y avons siégé jusqu'en avril 1986. Suite aux élections, il a fallu tout recommencer. J'ai ensuite laissé ma place à des jeunes confrères pour me consacrer à la politique. Mes successeurs, aussi bien de l'A.F.D.O., de l'U.F.O.F que des autres associations ont parfaitement poursuivi cette voie qui a abouti à l'article 75 de la loi "droits des malades".

J'ai participé à la fondation de la F.O.F. mais m'en suis retiré car les critères de sélection de l'époque n'étaient pas assez rigoureux. J'ai aussi créé le Registre franco-britannique des ostéopathes qui regroupait uniquement les ostéopathes issus des écoles anglaises et américaines dont les critères étaient très stricts. Pour revenir à l'histoire récente, en 2000, j'ai été coopté puis élu au C.A. du R.O.F. qui m'a demandé de collaborer pour modifier ses statuts en vue de la future reconnaissance de la profession. En octobre 2001, suite au vote de l'article 52 bis du projet de loi Droits des malades devenu article 75, j'ai fondé le S.N.O. (Syndicat National des Ostéopathes). J'ai participé au nom de ce syndicat aux Etats Généraux de l'Ostéopathie et à la fondation de la Coordination Nationale des Ostéopathes et enfin à la fondation de la Chambre Nationale des Ostéopathes dont je suis vice-président. Par ailleurs, et pendant 15 ans, à la demande du doyen Pierre Cornillot, j'ai enseigné l'ostéopathie à la faculté de médecine de Paris-Nord dans le cadre du D.U.ME.N.A.T.

P-Y. M.: La fondation de la Chambre Nationale des ostéopathe constitue-t-elle, selon vous, un pas décisif vers l'organisation de la profession ?

FPB : il est évident qu'une profession émergente en cours de réglementation doit se donner tous les moyens de se pérenniser et correspondre à la demande des patients en matière de qualité des soins et mettre en œuvre les grands contrats nécessaires à la protection de la profession toute entière.

P.-Y.M. : Que pouvez-vous dire aux ostéopathes qui n'ont aucune appartenance associative, pour les convaincre de venir rejoindre la Chambre Nationale des Ostéopathes ?

F.-P.B. : La Chambre n'est pas une organisation supplémentaire pour la défense des ostéopathes, elle ne marche pas sur les plates-bandes des syndicats. Elle complète leur travail en gérant la vie actuelle et future de tous les ostéopathes par des conseils pour la marche à suivre afin d'être en conformité avec la réglementation. La Chambre nationale est aussi une entité confraternelle, un organe de conseil, dans le respect le plus strict de la loi du 4 mars 2002.